Un album tourne en boucle sur le mac et la chaîne hifi depuis bientôt une semaine. En dehors du petit choc musical qu’il a provoqué en moi, cet album était aussi mon premier achat sur l’iTunes Store. Les comptes sans carte bleue se faisant de plus en plus rares, je pense que mon expérience pourrait intéresser les quelques réticents qui subsistent.
Avant de passer à l’achat, j’ai voulu en savoir plus sur la politique d’Apple, notamment concernant les DRM. J’avais lu sur plusieurs sites que ces derniers avaient été abandonnés mais impossible de trouver l’information sur le site d’Apple. Cette dernière est certainement présente, mais le fait de ne pas la trouver au bout de 5 minutes sur la page dédiée à iTunes prouve qu’elle n’est pas assez mise en avant. Pourtant, c’est une information capitale. À force de chercher, je suis tombé sur “iTunes Plus” la fameuse mise à jour qui met fin aux DRM et aux fichiers de basse qualité.
Car ce n’est pas par altruisme que j’ai laissé mon argent chez Apple mais bien parce que les prix pratiqués étaient nettement plus intéressants que celui du CD (hors frais de port). Une fois l’album téléchargé, tout est très propre et rangé à sa place. Y’a pas à dire, qu’on achète du matériel ou de l’immatériel chez Apple, on est généralement servis comme des rois (et il y aura toujours des exceptions pour confirmer cette règle).

L’album que j’ai acheté est Voice de la pianiste Hiromi. Entourée de deux monstres et génies musiciens en les personnes d’Anthony Jackson et de Simon Philips, elle nous livre une pièce unique à mettre entre toutes les mains. Car si l’album est étiqueté jazz — il faut bien le classer dans un rayon pour le vendre, ses sonorités surprennent constamment. Audacieuse, la musique d’Hiromi change au sein même d’un morceau, ce qui ne manque pas de provoquer un déséquilibre mental. On a alors le choix soit de s’abandonner à la musique, ou d’essayer de la comprendre en battant tant bien que mal la mesure. À mesure que j’en écoute les morceaux, l’album d’Hiromi s’éclaire peu à peu et je trouve mes marques entre les mesures à 9 ou 7 temps. Ajoutons au talent de l’écriture celui du jeu non seulement de la pianiste (que j’ai découvert à travers cet album), mais d’Anthony Jackson toujours fidèle avec sa basse d’antan qui crache de solides lignes rythmiques et de Simon Philips qui cale de la double pédale grâce à son énorme kit emblématique, et on a là un album hors norme.
Dans le trailer de son album, Hiromi nous dit :
I really want to deliver what I have in my heart. I want to bring music from my heart to heart, and not from fingers to ears.
C’est exactement ce que l’on ressent en l’écoutant. Même si les bases techniques des trois musiciens sont très solides, c’est avant tout leur générosité qui s’exprime.
À écouter.