Vincent Carlino

Mois

juin 2011

8 billets

Plus "audio" que "visuel" : entendu

Je suis en quête constante. Les gens qui me connaissent de près ou de loin vous le diront : j’éprouve toujours le sentiment de ne pas en avoir assez. Pas assez de références bibliographiques, pas assez de presse à lire, pas assez de documentaires à regarder, pas assez de musiciens à écouter. On voit d’ailleurs dès la deuxième phrase de mon article — serais-je un cas psychanalytique archétypal ? — qu’à ce drôle de sentiment s’ajoute une forte dimension qualitative. Je veux des choses à voir, écouter, regarder mais des bonne.

La principale solution que j’avais trouvé à ce jour est de soudoyer sans aucune pitié mon réseau relationnel, de face-à-face de surcroît si bien que ma cible malheureuse ne puisse échapper à mon regard comme il pourrait le faire si j’avais formulé ma demande sur un de ces services de réseautage social.

Progressivement (faisons comme si tout s’était déroulé le mieux du monde selon un schéma linéaire), je me suis mis à allumer mon poste de radio. Vous savez, cet objet qui d’ailleurs existe rarement pour lui-même en étant très souvent accompagné d’un lecteur de CD (cassettes pour les plus baroques), et dont certains ont la folle idée de raccorder à leur téléviseur en vue d’en amplifier le son pour en renforcer la force de pénétration du message médiatique. Oui nous y sommes ! Ce gros rectangle foncé aux allures de brique qui valait autrefois au plus vil des chapardeurs de briser une vitre pour l’y arracher de nos véhicules individuels.

Progressivement disais-je, j’ai éprouvé moins de honte à presser le bouton “on” de mon poste de radio non pour le gaver de galettes de jazz mais bien pour en écouter une voix sortir. Tel un homme venu du passé, je me méfiais de la présence de cet animateur qui sortait de cette boîte et que mes yeux ne percevaient pas. Pour faire un honteux raccourci, j’expliquerais cette incertitude ainsi que (profitons-en) la baisse d’intérêt et d’écoute du média radiophonique par un argument tout aussi honteux emprunté au pauvre Freud (repris par Bernard Stiegler) selon lequel notre société aurait surinvesti l’oeil.

Voyez-vous, la radio prend du temps. Et en plus du désir de percevoir les choses pour mieux les écouter, nous sommes de véritables enfants face à un poste de radio : nous gigotons, nous nous impatientons, et nous allons même, pour les plus geek, à chercher une quelconque barre de progression afin de naviguer dans le temps et passer cet affreux monologue que nous avons pris de cours. Parce que la radio n’est pas un média qui attend son public. Son histoire et celle de ses publics font qu’elle est là par essence. À chacun de décider de se connecter à un canal, c’est-à-dire à prendre en cours un flot de parole continue. Elle allie une manière diachronique dans la diffusion de contenu à une conception synchronique des choses. Autrement dit, elle parle sur des sujets très divers (culture, politique, économie, parfois et plus souvent qu’on ne le pense, elle-même) en projetant sa voix de façon synchronique.

Mais cette synchronicité devient diachronique lorsque la radio décide d’investir la toile. Pour les raisons que j’ai évoquées plus haut, la radio ne connaît pas le même statut accordé par son public que la télévision. Ainsi, lorsqu’elle décide de mettre les pieds dans la toile, elle ne le fait pas de la même manière que la presse écrite ou la télévision. Notre radio se fait discrète là où ces deux dernières font l’objet de débats, d’ajustements, de prise de décisions (économiques ou politiques). Non pas qu’elle échappe à ces logiques, mais les changements qui en découlent ne changent pas l’essence du média. En d’autres termes, qu’on décide de l’écouter depuis un vieux transistor, un auto-radio, son ordinateur, ou son smartphone, l’émission radiophonique reste ce qu’elle est. On pourrait alors opposer d’un côté une uniformité dans le contenu et l’écoute à une pluralité des modes d’accès. Lorsque j’écoute Matthieu Garrigou-Lagrange, je peux très bien être dans mon canapé et savourer son émission avec tout le plaisir de la diffusion en direct, mais je peux aussi en écouter des fragments dans les transports en commun via mon iPod.

J’en arrive à un usage de la radio auquel j’ai de plus en plus fréquemment recours. Lorsque je tombe sur un fragment audio que je peux télécharger (ce qui est possible dans les majorité des cas du fait du peu de restrictions liées à la faible attention portée à la radio, bis repetita), je le stocke sur mon disque dur. Je me livre alors à une écoute classique avec la grosse différence que mon esprit peut faire des pauses. Avez-vous déjà essayé de prendre note sur papier d’une émission radio en train de se dérouler ? Il faudrait des capacités de dactylographe et un esprit d’analyse non seulement vif mais hors du commun pour réussir à comprendre ce que bafouillent l’animateur et ses invités, s’approprier ce contenu, et le coucher sur papier de sorte à ce que, lorsque vous reprenez vos notes plus tard, celles-ci vous paraissent si limpides qu’elles vous renvoient dans le passé au moment exact de l’écoute.

Avec les fichiers numériques, mon ordinateur me permet de naviguer entre mes notes et mon «poste» de radio sans que mes doigts quittent le clavier. Il me suffit en effet de naviguer entre les applications grâce au bien connu cmd+tab ainsi que de démarrer la lecture ou de la suspendre grâce au raccourci cmd+P de VLC. Mon bureau ressemble alors à peu près à cela :

Mon espace de travail lors de la prise de notes d'un support audio

Jun 30, 20116 notes
#radio #prise de notes #écoute #philosophie
Le numérique, véritable ouverture ?

Les jeunes, quand ils ne dorment pas, sont en ligne et ne s’informent plus que par Internet, le média sur lequel où ils passent le plus de temps.

OWNI, La vie connectée, 07/06/2011

Cet article montre que le numérique est un des nouveaux terrains où s’expriment facilement les préjugés et les stéréotypes les plus ordinaires. Longtemps craint, le cyberespace n’effraie plus : il fascine les individus en leur donnant quelques clés de compréhension du “futur” par des éléments qu’il contient en puissance.

Mettez un ordinateur relié à Internet entre les mains d’un de ces enthousiastes du réseau et de la technologie et il y verra la possibilité de se “brancher” les objets de son “environnement immédiat”. Certes cette hypothèse d’une informatique intrusive est possible et suggérée par les objets technologiques qui portent en eux-mêmes cette possibilité.

Il est étonnant qu’OWNI, dont il m’est arrivé de dire du bien ici-même, relaie ce genre de texte. Être dans l’ère (informationnelle) de son époque est un bien noble objectif qui peut comprendre des difficultés. Il est alors plus intéressant de se questionner, de se positionner, plutôt que de relayer un contenu aussi creux que celui-ci. Enfin, il ne s’agit que d’un article parmi d’autres : il m’en faudrait plus pour que je ne le lise plus quotidiennement.

Se faire une place sur le web en développant son activité sur un modèle alternatif aux grands groupes de presse et d’édition passe par la connaissance du présent. Je quitte OWNI pour faire part d’une conviction personnelle. On ne peut être lu et mener à bien un projet en ligne (que ce soit un blog personnel, un site d’information, ou une plateforme d’échanges) qu’en concevant le support numérique en complément des acquis de notre monde hors-ligne.

Je n’ai jamais eu autant envie de lire des ouvrages imprimés, de me promener, de chiner dans des vieilles boutiques et des marchés, de prendre des notes dans mon carnet, qu’à cette époque numérique. Et pourtant, ce dernier prend une place de plus en plus importante dans ma vie quotidienne. J’ai lâché le mot. Peu importent les supports à notre disposition, ils font part d’un ensemble cohérent lorsqu’ils ont une utilité quotidienne.

Non messieurs les “spécialistes”, l’important n’est pas le message.

Jun 17, 20112 notes
#médias #journalisme #technologie
Jun 14, 2011
Markdown dans tumblr

Je n’ai jamais été attiré par les fonctions sociales proposées par tumblr. S’il peut m’arriver de suivre des autres blogs tumblr, je ne les consulte pour ainsi dire jamais depuis le portail de l’interface web.

En me connectant aujourd’hui, j’ai découvert que l’équipe de tumblr avait fait une mise à jour pour mettre de l’ordre dans le moteur de blog. Parmi elles, la mise en avant des préférences via une petite icône en forme de roue crantée. Décidant d’y faire nonchalamment un tour, je découvre avec surprise la possibilité de traduire l’interface en français ainsi qu’une option pour rédiger ses articles en Markdown.

Finies les conversions à la hache de mes fichiers texte rédigés en Markdown depuis Notational Velocity dans le terminal, désormais un simple copier/coller me permet de publier directement des billets sur le blog.

Même si je reste conscient des critiques qu’on peut formuler à tumblr, c’est la solution la plus simple qui correspond à mes besoins de publication en ligne.

Jun 13, 2011
Les mains dans le cambouis

Me voilà avec deux bonnes années de Mac OS dans les pattes. L’utilisation que je fais de mon ordinateur est aujourd’hui différente de celle que j’en faisais lorsque je l’ai acheté. Avec le temps, mon usage s’est précisé. Lorsque je lui ai retiré sa boîte cartonnée, j’ai démarré un tas d’applications (déjà installées) à un rythme qui aurait été une véritable torture pour mon précédent PC. Je profitais de l’incroyable fluidité de mon Mac, permise à la fois par un système d’exploitation sur mesure et par la mise à jour matérielle (que j’aurais pu aussi trouver dans un PC neuf). Puis, mon usage est devenu moins intensif. Je me suis mis à épurer mon dock et à utiliser les applications dont j’avais vraiment besoin.

Je me trouve ainsi aujourd’hui à satisfaire la majorité de mes besoins en utilisant TextEdit, Notational Velocity, Safari, Mail, iTunes, et NetNewsWire. Depuis peu une nouvelle application s’est greffée à cette liste : le Terminal.

Véritable horreur pour les débutants et paradis pour les experts, le terminal fascine autant qu’il effraie. J’ai décidé d’en utiliser une infime partie pour réaliser simplement des tâches que lui seul pourrait exécuter. Des logiciels onéreux pourraient faire l’affaire, mais ils encombreraient inutilement mon ordinateur là où le terminal est ancré dans le système depuis sa création.

Je tiendrai donc quelques notes de mon (chaotique) apprentissage du terminal pour en faire profiter ceux qui le désirent et peut-être le rendre plus convivial.

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Où trouver le terminal

Avant de se plonger dans les pages complètes de la documentation, le premier conseil que je donnerais au moi du passé serait de prendre le temps de s’installer et de configurer le terminal. Quitte à ce qu’il soit un peu froid, autant le rendre un peu accueillant et le mettre à son goût.

Puisque j’ai justement un goût l’écriture, le papier, et les livres, j’ai décidé de créer une ambiance de ce style dans mon terminal. Je ne suis pas allé très loin : le thème “Novel” intégré à Mac OS X a fait l’affaire. Un peu de transparence et une police plus épaisse et j’arrive à un résultat qui me convient. J’ai également modifié la taille par défaut de la fenêtre du terminal. Les dimensions s’affichant dans la barre de titre de l’application, il suffit de les copier dans les préférences pour arriver au résultat escompté (82*37 pour moi).

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Prendre le temps d’effectuer quelques réglages (même minimes) est vivement conseillé par votre hôte.

Cette étape est très importante : avant même de jouer les gourous de la ligne de commande, il faut prendre le temps de s’approprier l’outil. Parce que si les commandes peuvent faire peur, elles restent toutefois un moyen comme un autre de donner des ordres à l’ordinateur pour arriver à des fins précises. Exactement comme le permettrait une interface graphique.

Jun 6, 20113 notes
#terminal #geek #mac
NV, everywhere

Je l’ai déjà dit, Notational Velocity est un logiciel extraordinaire pour la prise de notes. Démarrant en une fraction de seconde, il charge aussi rapidement toutes les notes présentes sur mon ordinateur et les synchronise automatiquement avec Simplenote.

Ces derniers jours, j’ai découvert les limites de stocker mes notes dans une base de données et de les synchroniser avec Simplenote. Bien qu’efficace, cette méthode ne me permet pas d’accéder à mes notes en dehors de NV et Simplenote.

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Puisque je n’aime pas spécialement les silos d’informations, j’ai donc paramétré NV pour qu’il enregistre et lise les notes d’un dossier stocké dans mes documents. Cela me permet donc de les consulter librement dans l’éditeur de texte de mon choix ainsi que de les chercher à l’aide de Spotlight ou Alfred.

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Mes notes sont désormais pleinement accessibles, indifféremment de l’endroit où je me trouve. Le Finder les classe selon des recherches Spotlight très simples, Alfred les a en mémoire et les amène sous mes yeux par une simple recherche, et j’exporte même quelques notes de mon journal sur mon iPod.

Jun 5, 2011
Pourquoi je suis revenu sur Twitter.app

Lors de sa sortie, l’application de bureau de Twitter pour Mac avait provoqué une petite explosion dans le monde Apple et sur les réseaux sociaux. Les critiques tournaient beaucoup autour de son interface à la fois trop proche d’iOS et trop éloignée des standards inébranlables de Mac OS. Et sa sortie quasiment simultanée à celle du Mac AppStore n’a pas vraiment aidé l’application Twitter.

La nouvelle interface web de Twitter m’avait fait abandonner toute idée d’utiliser un client pour l’utiliser. Mais récemment, une modification s’est discrètement imposée au panneau droit de l’interface. Pour une raison encore obscure (tout feedback est bienvenu pour partager une explication !), la partie droite du site de Twitter n’est plus extensible à l’horizontale. Tout de suite, l’interface devient moins pratique pour visionner des photos ou des vidéos.

J’ai donc ré-adopté l’application Twitter. Qu’on l’aime ou pas, elle a modifié légèrement la façon dont je consulte les informations amenées dans ma timeline. Avant, j’avais l’habitude de garder Twitter dans un onglet de Safari et d’ouvrir les liens (raccourcis) dans la même fenêtre. Désormais, mon navigateur est épuré de Twitter qui a sa propre application. Je garde donc ma timeline sous le coude dans un coin de l’écran pour me concentrer sur ce que je lis dans mon navigateur.

Enfin, question productivité l’outil le plus efficace de Twitter.app reste encore le raccourci cmd+Q (citation de … je ne sais plus retwitté par notre cher David Bosman je crois).

Jun 2, 2011
#mac
Pelican a le bec dur

Aujourd’hui, après de longues hésitations, des abandons temporaires et de la sueur, j’ai réussi à relever mon dernier défi geek. Depuis que j’ai quitté Linux, je n’ai pas eu à me frotter autant à la ligne de commande que pour installer Pelican. Il s’agit d’un générateur de site fixe. En clair, il suffit de rédiger ses articles dans des fichiers Markdown, le tout bien logé sur votre disque dur. Puis, il suffit de passer tout ça à la moulinette Pelican pour en sortir une version HTML.

L’intérêt pour moi d’utiliser Pelican est de rendre plus propres et plus lisibles mes notes, et notamment celles qui concernent mon “travail” d’étudiant. C’était aussi un petit défi geek pour évaluer mes compétences — et voir si Mac OS avait fait de moi un être sociable dont la simple évocation du shell suffit à me hérisser le poil. Sur ce dernier point, c’est confirmé : Mac OS ne m’a (presque) pas changé. :-)

Un petit coup de pip ?

Premier obstacle qui s’est mis au travers de ma route : Pelican est un outil de geek. Vous devez donc l’installer comme un geek. La méthode la plus simple pour l’installer est d’utiliser l’utilitaire en python pip. Après un petit tour sur Google, me voilà en train de l’installer grâce à la commande suivante : easy_install pip. Si, comme moi, vous voulez éviter de vous arracher les cheveux, n’utilisez pas cette commande. Elle est issue d’une ancienne version de la documentation officielle du langage de programmation python. Elle installe une ancienne version de pip (0.6.3) qui connaît un problème avec Mac OS X. Pour les curieux, lorsque vous installerez un programme avec cette ancienne version de pip, un dossier build fera son apparition dans votre dossier utilisateur, comme un gros lourdeau.

Avec la dernière version de pip par contre, aucun problème. Le dossier build se fait discret dans l’arborescence du Mac et l’installation fonctionne. Pour ceux que ça intéresse, voici la procédure à suivre pour installer pip proprement :

$ curl -O http://python-distribute.org/distribute_setup.py
$ python distribute_setup.py

Ces deux lignes installeront l’outil distribute dont dépend pip.

$ curl -O https://github.com/pypa/pip/raw/master/contrib/get-pip.py
$ python get-pip.p

Et celles-ci l’installent. Via.

Super utilisateur demande à installer Pelican

Tout guilleret d’avoir trouvé la solution, un autre obstacle a essayé de me barrer la route. Il est en effet nécessaire d’installer Pelican avec les droits d’administrateurs sur Mac OS, ce que ne dit pas la documentation (prévue pour Linux). Sans ces droits, vous pourrez lire la phrase fatale suivante : error: /usr/local/bin/pelican: Permission denied.

Pour l’installer proprement, il faut donc saisir la commande qui suit : $ sudo pip install pelican

Enfin ! Tout s’est installé correctement sous mes yeux ébahis. Pip a placé Pelican dans le dossier qu’il fallait, et j’ai pu saisir la commande pelican --help sans avoir droit à un -bash: pelican command not found.

Cela n’aurait pris que quelques minutes (secondes ?) à un utilisateur averti là où je me suis cassé la tête pendant trois jours. Je n’ai pas résisté à la tentation de demander de l’aide sur IRC comme je l’aurais fait par le passé. Comme un grand, armé de Google et de mes maigres connaissances en shell, j’ai réussi à l’installer.

Il ne me reste plus qu’à découvrir Pelican à mon rythme et de savourer mes notes avec une jolie mise en page.

Liens utiles :

Installation instructions — pip v1.0.1 documentation http://www.pip-installer.org/en/latest/installing.html

Getting started — Pelican v2 documentation http://docs.notmyidea.org/alexis/pelican/getting_started.html

Jun 1, 20114 notes
#geek #shell #terminal #pelican #édition
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